MENU


A Chambéry, la mairie fait la chasse aux sans-abris

Publié le 16 Octobre 2018 (Mis à jour le :24-10-2018)


Depuis quelques temps, la pression s'est accentuée sur les personnes sans-abris qui font la manche au centre-ville de Chambéry. Régulièrement des personnes s'abritant dans des parcs et lieux publics se font délogés tôt le matin par la police municipale ou nationale. C'est ensuite en cours de journée que la police intervient sur les lieux de manche du centre-ville pour exiger qu'ils se déplacent et ne restent pas au même endroit.

"Cachez cette pauvreté que je ne saurais voir"

Ce harcèlement policier est encore monté d'un cran suite à la pétition de "courageux" commerçant-e-s du centre-ville qui a réunit 25 signatures (cf article du Daubé du 8 octobre 2018) et demandant à la mairie d'agir contre "ces indésirables". Ils auront trouvé une oreille attentive auprès de celle-ci qui préfère donc contenter son petit électorat de commerçant-e-s plutôt que de tenter de trouver des réponses humaines et sociales à la grande précarité qui se développe dans notre ville, comme dans la société. 

Ces derniers jours, c'est donc la mobilisation générale du côté de la police municipale et aussi nationale pour faire la chasse aux petits groupes, en fait bien peu nombreux, de SDF qui tentent de faire la manche en ville. La présence policière s'est donc traduite par un déploiement d'effectif en direction de cette nouvelle cible. Des véhicules des deux polices nationale et municipale déambulent au ralenti dans les rues piétonnes, des flics municipaux se déplacent par groupe de six, appuyés par le réseau de caméras qui n'épargnent aucune rue du centre-ville, à la recherche des quelques jeunes sans-abris posés dans la rue. De nouveaux agents de sécurité sont également postés à l'extérieur de certains commerces avec pour mission de faire circuler ces mêmes personnes.

Faute d'oser mettre en place un arrêté anti-mendicité, la pauvreté n'étant pas encore un crime, l'objectif de cette pathétique démonstration de force est de contraindre des gens qui n'ont que la rue où vivre et pour vivre, à se déplacer perpétuellement, les empêcher de se poser dans l'espace public. De fait, cette pression, ce harcèlement les repousse en périphérie, loin des commerces du centre-ville qui font l'attractivité et le dynamisme de notre belle ville... 

Face à la répression, réquisition !

En parallèle de cela, un collectif citoyen a réquisitionné une maison, propriété de la ville et vouée à la voracité des spéculateurs immobiliers, pour loger les personnes sans abris ! Alors que la mairie et la préfecture osent dire que personne ne dors dans la rue à chambéry, la maison atteint presque déjà ses capacités maximales d'accueil. 
N'hésitez pas à soutenir cette occupation, matériellement et physiquement ! (située au 235 rue Nicolas Parent)

Image title