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Tourniquets de sécurité et caméras au lycée Armand

Publié le 10 Mars 2016 (Mis à jour le :10-03-2016)


Fliquer, habituer les jeunes à subir le contrôle et la surveillance de leur vie, ... et faire marcher les entreprises des copains de l'industrie de la sécurité avec l'argent publique.

Dans un "délai d'un an", le nouveau président de la deuxième région de France souhaite "lancer la protection de la quasi-totalité des lycées de la région" avec pour objectifs la "lutte contre le trafic de drogue", contre "les intrusions d'armes à feu" ou d'éléments extérieurs, et la "protection dans le cadre de la lutte contre le terrorisme". Le coût estimé de cette mesure est de 20 millions d'euros, a précisé M. Wauquiez.

Le lycée polyvalent Louis Armand, situé sur les Hauts-de-Chambéry, a été choisi pour faire partie des 15 établissements qui expérimenteront, dès cette année, les dispositifs de “sécurisation” voulus par Laurent Wauquiez, le président du Conseil régional Rhône-Alpes/Auvergne et numéro 2 du parti Les Républicains.
Concrètement, il est question d’installer, à court terme, des tourniquets de sécurité à badges et des caméras au sein de l’établissement. Certains contours du projet restent toutefois à préciser.
Une sécurisation demandée… à l’extérieur de l’établissement
Car hier, la Région se contentait d’indiquer ne pas avoir encore « communiqué sur la liste des établissements concernés ». Mais les élus savoyards du groupe socialiste, démocrate, écologiste et républicain ont levé le lièvre, s’insurgeant dans la foulée d’un projet « à marche forcée ». « D’une part, c’est la méthode que nous dénonçons : pour ses 100 jours de présidence, Laurent Wauquiez voulait absolument boucler la liste de 15 lycées. Il a fallu que Louis Armand sollicite une sécurisation de son parking extérieur pour qu’il soit fléché afin de servir de faire-valoir à cette politique », affirme Noëlle Aznar-Molliex, conseillère régionale d’opposition. Ajoutant, sur le fond, craindre « que ce projet ne contribue à stigmatiser l’établissement, alors que le climat scolaire est tout à fait serein et les résultats excellents. » Hier, ces thématiques de la « stigmatisation » et de la « dépense inutile » ont été relayées par la fédération PS.
Sur le terrain, le proviseur, Luc Clouet, confirme que Louis Armand est, à sa connaissance, « le seul lycée du département » concerné par l’expérimentation. Expliquant ne pas avoir été consulté en amont du projet, il reconnaît avoir sollicité les autorités pour une sécurisation des espaces extérieurs. « Depuis que je suis en poste, nous n’avons pas eu à déplorer de problème au sein du lycée et, au jour d’aujourd’hui, je ne vois aucune raison, a priori, d’essayer de sécuriser un établissement où tout se passe bien. »
« Aux abords, c’est différent : nous avons compté par exemple huit voitures brûlées la nuit entre septembre et décembre dernier, dont une a été utilisée comme bélier sur les grilles de l’établissement. Après, ce projet de sécurisation est imposé, les bâtiments sont de la responsabilité de la Région, c’est la volonté de son président, c’est sa compétence, je n’ai pas à commenter. »
Reste que selon plusieurs échos, l’annonce n’a pas manqué de susciter un certain émoi au sein de la communauté éducative. Une réunion interne était évoquée pour faire le point sur les perspectives du lycée.


Le daubé